Quand on est infirmière libérale, choisir une prévoyance ne se limite pas à comparer les tarifs. En cas d’invalidité, certains contrats vous protègent efficacement, d’autres non. Pour éviter les mauvaises surprises, il est crucial de vérifier les bons critères : barème utilisé, seuil de déclenchement de la rente, mode de calcul de l’invalidité…
Une invalidité non ou mal couverte, c’est le risque de se retrouver sans revenu pendant des années. Pour une IDEL, les conséquences peuvent être catastrophiques, surtout si l’activité devient impossible à reprendre.
Ce que beaucoup ignorent : la CARPIMKO n’indemnise qu’en cas d’invalidité totale (Taux d’invalidité de 66 % minimum ou T/66) et avec des rentes faibles :
En clair : si vous développez une pathologie qui ne vous empêche “que” partiellement de travailler, vous n’aurez droit à rien sans prévoyance complémentaire.
Lorsque vous souscrivez une prévoyance, le barème utilisé pour calculer votre taux d’invalidité détermine directement vos droits à une rente. C’est un critère technique… mais crucial. Car un mauvais barème peut vous laisser sans aucune indemnisation, même si vous ne pouvez plus exercer votre métier d’infirmière libérale.
Il existe trois grands types de barèmes dans les contrats : certains sont à éviter, d’autres à privilégier absolument.
C’est le seul barème évaluant votre invalidité d’IDEL selon les conséquences de votre état de santé sur l’exercice de votre métier, et non votre autonomie quotidienne.
Exemple : si des troubles du dos vous empêchent de faire vos tournées, porter vos sacs ou réaliser certains soins techniques, vous pouvez être reconnue à 100 % d’invalidité professionnelle — même si vous êtes « autonome » dans la vie courante.
Avantages :
Il faut vérifier dans le contrat que l’évaluation repose uniquement sur l’impossibilité d’exercer votre activité déclarée, sans notion de reconversion ou de profession « équivalente ».
Ce barème, fixé contractuellement, évalue uniquement votre capacité à accomplir les gestes du quotidien, sans considérer votre métier.
Exemple : Perte de mobilité du poignet ou lombalgie sévère ? Ce barème peut ne vous attribuer que 15 % d’invalidité fonctionnelle… alors que vous ne pouvez plus exercer en libéral.
Les risques pour vous :
Ce barème mélange les deux approches : fonctionnelle et professionnelle. Un tableau dans le contrat croise les taux pour aboutir à une invalidité globale.
Exemple réel : une IDEL dont la main dominante est endommagée pourrait être reconnue invalide à 80 % selon un barème professionnel (car elle ne peut plus exercer), mais seulement à 20 % selon un barème fonctionnel (car elle reste autonome). Avec un barème croisé, le taux final pourrait tomber à seulement 31,75 %, insuffisant pour déclencher la rente dans de nombreux contrats.
Pourquoi l’éviter :
Avant même de calculer le montant de votre rente, il faut savoir à partir de quel seuil d’invalidité votre contrat vous indemnisera. Ce seuil varie d’un contrat à l’autre, et les conséquences sont majeures.
Certains seuils courants dans les contrats IDEL :
À retenir : Vérifiez toujours que votre contrat utilise T66 et non T100 ou N/33-33, pour éviter de vous retrouver avec une faible indemnité en cas d’invalidité partielle.
Une fois le seuil atteint, l’assureur calcule votre rente… mais là encore, tous les contrats ne se valent pas. Deux méthodes principales existent :
T/100 (à éviter)
Le montant de la rente est proportionnel à votre taux d’invalidité, rapporté à 100.
Exemple : vous avez une rente souscrite de 75 000 €/an et un taux d’invalidité de 40 %.
→ Rente versée = 40 % de 75 000 € = 30 000 €.
T/66 (à privilégier)
Même logique, mais calculée sur une base de 66 %.
Exemple : avec les mêmes 75 000 €/an et 40 % d’invalidité, le calcul devient :
→ 40 ÷ 66 × 75 000 = 45 454 €/an.
Certains contrats proposent une option très protectrice : déclencher la rente dès 16 % d’invalidité, voire 10 % dans certains cas. Cette clause est essentielle pour les IDEL exposées à des affections longues ou évolutives (TMS, burn-out, troubles chroniques…).
Exemple :
Tous les contrats de prévoyance ne calculent pas la rente de la même manière. Et certaines clauses, en apparence anodines, peuvent fortement réduire le montant que vous percevrez réellement. Deux éléments doivent particulièrement attirer votre attention.
Un contrat forfaitaire prévoit un montant fixe, défini à l’avance dans le contrat. Il ne dépend pas de votre revenu réel ni de vos justificatifs.
Un contrat indemnitaire compense votre perte réelle de revenu, sur justificatif (BNC, avis d’imposition…).
On vous détaille toutes les différences dans notre dossier dédié aux contrats forfaitaires vs indemnitaires.
Certains contrats indemnitaires, souvent mal expliqués, déduisent d’office les indemnités théoriques versées par la CARPIMKO… même si vous n’y avez pas (encore) droit.
À vérifier dans votre contrat :
Ce genre de clause peut faire perdre plusieurs centaines d’euros par mois. Ne la négligez pas.
Vérifiez si votre contrat couvre vraiment votre métier. Évaluer mon contrat invalidité